La faute de Saül

La faute de Saül
3 min

Quand on lit l’histoire des rois d’Israël dans l’Ancien Testament, on note que le pays était rarement en paix. Il y avait sans cesse des guerres pour accaparer des terres. Parfois, l’ennemi était l’Égypte, ou l’Assyrie, ou Babylone. Il s’agissait alors de grandes puissances qui voulaient conquérir des territoires plus ou moins vastes.
Israël est régulièrement convoité parce que c’est un lieu de passage entre l’Orient et le Moyen-Orient, et même un passage pour atteindre l’Afrique. Mais, ce que subissent les Israélites, ce sont, le plus souvent, de petites guerres, des guérillas, des incursions de peuplades moins importantes. On constate parfois des pillages, voire des destructions de villes et même des enlèvements de populations. Les méchants sont alors les Philistins, les Ammonites, les Amalécites, les Moabites, et j’en passe. Les plus récurrents sont les Philistins. Les Philistins sont même capables d’imposer à Israël certaines interdictions, comme le fait de ne pas avoir de forgerons. En effet, les Israélites n’ont pas le droit d’ouvrir des forges, de fabriquer des outils, et encore moins des armes.

En 1919, après la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles interdisait à l’Allemagne de se réarmer ! Les Philistins imposaient une règle identique aux Israélites qui, pour faire aiguiser ou réparer leurs outils, devaient se rendre dans une forge philistine.
Or, au temps du roi Saül, alors que ce dernier règne sur Israël depuis seulement deux ans, les Philistins tentent de s’emparer d’une partie du pays. Saül n’a pas d’armée et il voit arriver vers lui une puissance militaire qui ne peut qu’effrayer ses compatriotes. Le texte biblique précise : « Les Philistins s’assemblèrent pour combattre Israël. Ils avaient 1 000 chars, 6 000 cavaliers et un grand nombre de fantassins. »

Saül envoie un message au prophète Samuel qui doit bénir ces hommes avant d’oser résister aux Philistins. La bénédiction de Dieu stimulera les Israélites. Oui, mais voilà, Samuel tarde à arriver et la menace est de plus en plus pressante. Déjà, des hommes de Saül préfèrent s’enfuir et se cacher plutôt que d’affronter l’armée ennemie. Parce qu’il y a urgence, le roi décide d’offrir un sacrifice à Dieu — ce que devait faire le prophète — afin de s’assurer du secours de l’Éternel.
Le sacrifice à peine terminé, Samuel arrive et se met en colère contre le roi : « Ce n’était pas à toi d’offrir le sacrifice. Ce rituel est de mon ressort. Tu as pris mon rôle et ce n’était pas à toi de jouer les prêtres ou les sacrificateurs. Parce que tu abuses de ton pouvoir de roi pour t’octroyer celui du prophète, ta royauté te sera enlevée ! »
Saül croyait sans doute bien faire, mais il avait manifestement fauté. Ce qu’il ne savait pas, c’est que Dieu avait déjà un successeur en vue.